HOME
 
APPLICATION FOR MEMBERSHIP
IFFS GENERAL ASSEMBLIES
IFFS DON QUIXOTE AWARD
NEWSLETTER
IFFS FESTIVAL REPORTS
DON QUIJOTE WINNERS (FROM 2007-)
MUNDOKINO
Search
  Organizing film societies worldwide...


STATUTES COMMITEE MEMBERS EMAIL LINKS WEBMASTER

Locarno 2013 report by Danilo Cognazzi

Avec Irene Torp Halvorsen venue de Norvège et David O’Mahony d’Irlande, j’ai eu le privilège d’avoir été sélectionné comme membre du Jury FICC au Festival del Film Locarno 2012. A plus des deux films primés par notre jury, j’ai eu l’occasion de découvrir deux autres excellents films qui peuvent attirer l'attention entre autre de ciné-clubs et de cinémas indépendants.

« Der Glanz des Tages » (The Shine of Day) de Tizza Covi et Rainer Frimmel, Autriche, Concours international, Prix Don Quijote de la FICC.

Rares demeurent aujourd’hui les comédies sans niaiseries. Inconsciemment, dans le seul but d’aller voir du bon cinéma et pour éviter l’humour facile et ridicule, les clichés, les blagues bien basses ou les quiproquos de type boulevard, on se dirige plutôt vers des drames.

Or voilà un véritable rayon de soleil de notre ère. Philipp est comédien de théâtre et mène une vie très simple : il apprend des textes et les récites le soir devant un public. Soudain, un jour, un type qu’on pourrait prendre pour un clochard attend devant sa porte. Il s’agit de son oncle qui vivait en Italie et est venu en Allemagne dans le but d’éventuellement se réconcilier avec son frère, soit le père de Philipp. Ce dernier l’accueille et commence ainsi une formidable relation.

L’histoire en elle-même n’est pas bien passionnante. La force de ce long métrage réside dans les dialogues, la narration, le « quotidien » dont on s’imprègne très vite. Les personnages sont interprétés avec une telle authenticité que le spectateur ne se croit plus dans une salle face à un écran.

Après la projection, lors du Q & A, une personne a demandé comment il a été possible de rendre le film si réaliste. Le réalisateur a expliqué qu’il n’y avait pas vraiment de scénario, mais plutôt des idées, et qu’il voulait ainsi jouer avec la spontanéité des acteurs, ce qui a créé un rendu très authentique. A un certain moment dans le film, Philipp raconte à son oncle qu’il a eu un blanc à une représentation des plus importantes et que la réplique qu’il avait oubliée était une citation connue que l’entier du public connaissait. Le directeur a expliqué que ceci, par exemple, ne figurait pas dans le scénario, mais que l’équipe du film avait lu cette nouvelle dans un quotidien lors du tournage, ce qui a inspiré le réalisateur. De même à propos d’une statue utilisée pour une autre scène humoristique : elle avait été trouvée durant le tournage et a été ainsi incluse au programme.

Le film nous rappelle en quelque sorte à quel point nous pouvons mettre de la joie dans notre vie même si elle s’avère être une routine. Comme le titre l’indique, « Der Glanz des Tages » brille d’humour et de bonne humeur. C’est beau à voir !

« Leviathan » de Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel, UK, USA et France, Concours international, mention spéciale du Jury FICC.

Dans le genre documentaire, on a tendance à exiger que tout nous soit expliqué dans le détail et à sortir ainsi du film en étant un grand connaisseur. Dans « Leviathan », on ne nous explique rien, on ne voit pas grand chose, mais on comprend ce qu’il y a à comprendre.

Des caméras ont été placées à divers endroits d’un bateau et nous voilà embarqués dans la vie nautique et une grande partie de pêche. Les prises de vue sont telles qu’on ne reconnaît généralement pas l’objet mais permettent tout de même de nous faire comprendre l’action. Le son et la mise en scène accompagnent également l’appréhension de ce documentaire artistique.

« Compliance » de Craig Zobel, USA, Concours international.

Un fast food avec une cheffe d’agence et ses jeunes employés. Intervient alors un appel de la police et la responsable se retrouve désemparée. Il semblerait qu’une de ses employées ait volé dans le portefeuille d’une cliente. L’agent demande à la cheffe de faire déshabiller l’employée sous prétexte que l’argent doit être retrouvé le plus rapidement possible. Bien que gênée, la cheffe se voit obligée d’obéir aux forces de l’ordre et démarre ainsi l’absurde et l’impardonnable.

Jusqu’où peut on aller, jusqu’où peut-on suivre les indications d’une personne qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam mais qui s’avère être une personne à qui on doit obéir ?

En tant que spectateurs, nous voyons l’affaire d’un œil extérieur et on se rend vite compte qu’il ne s’agit pas d’un véritable agent de police mais d’un vicieux imposteur. Or, si nous étions à la place de la cheffe de succursale, nous aurions, qui sait, peut-être agi de la même façon.

Craig Zobel nous sensibilise à notre façon de nous conformer, de suivre ce qu’on nous indique sans même prendre distance pour observer de loin la situation. Une comparaison peut être faite par exemple avec des situations politiques ou avec des sectes où nous nous demandons comment il est concevable que des gens suivent certains mouvements. D’un point de vue extérieur, avec donc du recul par rapport aux personnes concernées, l’analyse peut s’avérer plus simple et plus juste.

Dans ce film, tiré d’histoires vraies ayant eu lieu à septante reprises aux États-Unis, le spectateur se sent gêné, accablé et n’attend qu’une chose : un peu de clairvoyance et que tout cela s’arrête.

« Not In Tel Aviv » de Nony Geffen, Israel, Concours Cinéastes du présent.

Un enseignant a été renvoyé de l’école. Il décide alors de kidnapper une de ses élèves qui n’a pas l’air de complètement s’y opposer. Un petit souvenir de Buffalo 66 ? D’autant plus que sous ce personnage dingue et perdu est enfouie la tendresse.

Bien que la vie du professeur s’agite brusquement dans tous les sens, le film demeure très posé et se laisse voir avec plaisir. Les images en noir et blanc sont léchées et reflètent le côté poétique du film. Elles invitent à rêver, tandis que le caractère contrarié du protagoniste offre un léger humour absurde très appréciable.

Danilo Cagnazzo, membre suisse du Jury FICC.