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RAPPORT DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE KARLOVY VARY 2010 de Eric Schaer (CH) (Francais)

Tout d'abord je désire exprimer ma gratitude à ceux qui m'ont désigné et fait confiance
pour représenter la Suisse au sein du jury FICC.
En effet c'était pour moi un immense honneur et une joie de tous les instants, que de par-
ticiper à ce festival magnifiquement orchestré.
Depuis l'accueil à l'aéroport de Prague jusqu'au retour à ce même aéroport 9 jours plus
tard, tout était parfait. Un grand bravo et merci à tous les participants qui ont tant fait
pour nous rendre ce séjour le plus agréable possible.
La très accueillante Karlovy Vary est un petit joyau et jouit d'un charme fou.

De la cérémonie d'ouverture le 2 juillet à celle de clôture le 10 juillet, l'on vit dans
la liesse et la fièvre de l'évènement.
Ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à cinq projections!
Les différents points de vente, d'accueil, de renseignement, de la presse sont
constamment envahis et tout se déroule sans stress avec efficacité et des sourires...

Et enfin, last but not least, il me faut saluer le grand sens de l'humour des organisateurs
qui nous font oublier qu'un travail fou se cache derrière cette fête continue, ils nous
donnaient l'impression de toujours s'amuser, des grands pros!

Au sein du jury FICC, nous avions une très bonne entente. Etant tous les 5 dans le
même hôtel, nous n'avions pas de problème de logistique!
J'ai suggéré que pour notre séance de décision le vendredi 9 juillet après le petit déjeuner,
chacun d'entre nous propose ses 3 films préférés, afin de nous faciliter la tâche pour désigner
notre vainqueur!

Venons-en aux films en compétition. Il s'agissait de comédies humaines, dramatiques
parfois basées sur des faits réels.

Dans l'ordre décroissant de mon palmarès, je ferai un bref commentaire pour chacun d'eux:

1.) 3 seasons in hell, Rép. Tchèque 2009, R: Tomas Masin.
Un plaisir pour les yeux et les oreilles.
Une histoire prenante sur une toile de fond historique bien réelle (autobiographie
de Egon Bondy). Nous sommes en 1947...
Un jeune poète croit que le communisme est la voie vers la liberté et s'oppose vivement à
son père (remarquablement campé.). Mais la dure confrontation avec la réalité survient
de façon inattendue...le rêve est anéanti en 1948!
En 1968 Alexandre Dubcek nous a fait croire au même rêve, rêve anéanti lui en août
de la même année déjà. D'avoir vécu le même conflit de générations a certainement
contribué au fait que j'aie apprécié ce film. A voir presque absolument!

2.) La mosquitera, Espagne 2010, R: Agusti Vila
Une histoire complexes des relations au sein d'une famille aisée.
Silences, non-dit, tortures, tourmentes, culpabilité... toute la panoplie des
rapports humains traitée avec verve teintée d'un humour grinçant.
J'ai pensé à Strindberg et Ibsen...si possible ne le manquez pas!

3.) L'enfance du mal, France 2009, R: Olivier Coussemacq
Cette angélique jeune fille a-t'elle orchestré ce plan machiavélique?
Est-ce possible? Ses victimes n'y croient pas et au départ nous non plus et
c'est peut-être là toute la force du film. Magnifique rôle de la femme du juge.
Si vous aimez le suspens n'hésitez pas!


4.) Hilter à Hollywood, Belgique, France, Italie 2010, R: Frédéric Sojcher
Ce qui devait être un documentaire en hommage à Micheline Presle, devient
en cours de tournage un thriller à la poursuite d'un film 'illusoire', que Micheline
désire voir à tous prix avant de mourir!
A travers une course effrénée à la recherche du passé perdu du cinéma européen
on découvre un complot d'Hollywood contre ledit cinéma européen!
Avec beaucoup d'humour et de tendresse. Vous ne regretterez pas votre argent!

5.) Just between us, Croatie, Serbie, Slovénie 2010, R: Rajko Grlic
Une très bonne comédie, rafraîchissante, pleine de surprises et emmenée
avec un très bon rythme. Belle interprétation des deux frères notamment.
Vous vous serez payer une pinte de bon sang!

6.) Kooky se vraci, République Tchèque, Danemark 2010, R: Jan Sverák
Conte pour enfants et adultes. Un jeune asthmatique à qui l'on a enlevé sa
peluche (Kooky), transpose sa lutte contre la maladie dans celle menée par
sa peluche, son jouet préféré Kooky, pour revenir à la maison. Dans ses songes
Kooky doit se comporter tel un héros pour vaincre tous les obstacles qu'il rencontre
sur sa route. La détermination de Kooky à retrouver son ami est la même que celle
que doit avoir le garçonnet pour guérir! Courez-y avec vos enfants ou petits-enfants!

7.) There are things you don't know, Iran 2010, R: Fardin Saheb Zamani
Façon originale de partager le quotidien d'un chauffeur de taxi à Teheran.
Avec de très belles images. Mais pas passionnant, un faux rythme, finalement
un peu ennuyeux. Ne laisse pas un grand souvenir.

8.) Dos hermanos, Argentine, Uruguay, Espagne 2009, R: Daniel Burman
Remarquablement joué, avec de magnifiques prises de vue à la frontière
Argentino-Uruguayenne. Amour et déchirement d'un couple disparate, la soeur et
le frère, dont aucun ne peut se passer de l'autre! Idem, ne laisse pas un grand souvenir.

9.) Diago, Chine 2010, R: Chi Zhang
Ennuyeux, passe à côté de son sujet. Pas d'humour, pas de véritable drame,
le gris total...à part quelques très belles vues de Lisbonne! Faites autre chose.

10.) Trois temps après la mort d'Anna, Canada 2010, R: Catherine Martinová
Les classiques phases après la perte d'un être cher, la déprime, la révolte
et le réveil. Mais beaucoup trop lent. On voit les images défilées mais on
reste étranger à ce qui se passe! A éviter, soporifique.

11.) Another sky, Russie 2010, R: Dmitrij Mamulija
En route à la recherche de sa femme un père perd son fils unique dans un accident
lors d'abattage d'arbres. Il accepte sans sourciller quelque argent en compensation!
Il finit par retrouver sa femme et ils repartent apparemment heureux sans commen-
taires ni expression de quelque sentiment...Le film nous laisse vides ou alors révoltés
contre cette apathie? Si vous n'avez rien de mieux à faire.

12.) Mother Teresa of Cats, Pologne 2010, R: Pawel Sala.
Le film commence par l'arrestation de deux frères qui ont assassiné leur mère
et pour nous expliquer ce qui s'est passé on remonte dans le passé...
Un abus indéniable du flash back! Cela devient lassant et finalement après
moult sauts dans le passé et avoir l'impression de bien connaître cette famille
on comprend encore moins pourquoi les garçons ont tué leur mère!
A éviter à tous prix!


En dehors des films en compétition j'ai beaucoup apprécié :

L'arnacoeur, France Monaco 2010, R: Pascal Chaumeil
Une façon très originale de venir en aide aux couples perdus.
Tout est bon, équilibré, aussi bien le scénario que le rythme,
l'interprétation, l'image etc.. un vrai bon film, de série B peut'être
mais vraiment bon! A voir et pourquoi pas revoir.
Night and Day USA 2010, R: James Mangold
Un chef-d'oeuvre du genre, on est toujours entre le rêve et la réalité,
à s'y perdre. Si l'on entre dans la fiction alors on adore comme un enfant
peut adorer un conte de fées...allez-y, j'y retournerai
Crazy Hearts, USA 2009, R: Scott Cooper
Pour les adeptes de la country music certainement un must!
Parce que vraiment bien 'torché' et magistralement interprété! A voir
A matter of life and death, Angleterre 1946, R: Michael Powell & Emeric Pressburger
Un délice, en plus présenté par le petit fils d'Emeric Pressburger, Kevin Macdonald
qui nous a raconter un tas d'anecdotes amusantes et intéressantes de son grand-père.
A voir et/ou revoir.
Mister Nobody, Canada, Belgique, France, Allemagne 2009, R: Jaco Van Dormael
Alors là une idée toute nouvelle, l'avenir au choix! Un enfant imagine ses vies
futures, selon qu'il choisira de suivre sa mère ou de rester avec son père.
plein d'idées, imaginatif et merveilleusement bien raconté. Un régal!
A voir absolument.
Patrick, Australie 1978, R: Richard Franklin
Là aussi, j'ai été agréablement surpris. Je ne suis pas un fan de films d'horreur.
Mais ici l'horreur est suggérée de façon subtile et le scénario très original.
Si vous avez l'occasion, allez-y.
Red Hill, Australie 2010, R: Patrick Hughes
Décoiffant! D'une situation ultra connue, - seul rescapé d'un massacre,
un homme va se venger -, on nous mène à bride abattue dans un récit
palpitant, où le 'méchant ' n'hésitent pas à poursuivre la police!!!
A voir.
Women without men, Allemagne, Autriche, France 2009, R: Shirin Neshat
Presque un documentaire sur la condition de la femme en Iran en 1953 avant
le retour du Shah. Superbement joué. On peut vivre sans l'avoir vu.

J'ai moins aimé,

On the pass (Na putu), Bosnie Herzegovine, Autriche, Allemagne, Croatie 2009,
R: Jasmila Zbanic
Bonne histoire traitant du fossé entre les religions d'autant plus profond que
l'on devient fanatique. Parfois un peu trop beau, édulcoré. On reste sur sa faim.
Shi, (Poésie), Corée du Sud, R: Lee Chang-dong
Quelques belles images, qui ne suffisent pas à sauver le film ennuyeux et
parfois (inutilement, c'est même pas drôle!) vulgaire. A éviter.
The company men, USA 2010, R: John Wells
Alors là, le grandiose américain, des images à couper le souffle, surtout
sur les terrains de golf, du jamais vu!
Le sujet, très actuel, lorsque l'on perd tout, tout d'un coup, sans couverture sociale,
la chute fait d'autant plus mal que l'on était parvenu à se hisser haut...
Si on a été confronté au problème, on apprécie la justesse de certaines scènes.
Un film que l'on peut voir.