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Cottbus festival 2008 report by Laurence Gogniat (French)



La ville de Cottbus, en Allemagne, se trouve au sud de Berlin, très près de la frontière polonaise. Il s’y déroule depuis 1991 un festival de cinéma consacré aux films des pays d’Europe de l’Est. J’ai découvert Cottbus et son festival en novembre dernier, en m’y rendant en tant que membre du Jury FICC.

Le Festival, qui affichait sa dix-huitième édition, s’est tenu du 11 au 15 novembre 2008. Outre les dix films de longs métrages présentés en sélection officielle ainsi qu’une série de courts métrages qui faisaient également l’objet d’une compétition, plusieurs sections s’inscrivaient hors concours, parmi lesquelles une rétrospective de films liés au "Printemps de Prague" (1968), une Journée du cinéma russe, ou encore un hommage à Roman Polanski.

Le jury principal, composé notamment de l’actrice Arta Dobroshi, que l’on a pu voir dans le dernier film des frères Dardenne ("Le silence de Lorna", 2008), a décerné son grand prix au film "Plennyj" (titre anglais: Captive, prod. Russie/Bulgarie, 2008). Réalisé par le cinéaste russe Alexej Utschitel, ce film très émouvant, dont l’histoire se situe dans la Tchétchénie occupée, évoque la relation qui se crée entre deux soldats ennemis dont l’un est prisonnier de l’autre. Le rapport entre les deux hommes évolue jusqu’à perdre presque toute hostilité. Toutefois, la complicité qu’auront développée les deux soldats ne résistera pas à la réalité dramatique de la guerre.

Le Jury FICC, soucieux de promouvoir un film hors pair, a choisi de décerner son Prix Don Quichotte au film "Delta" (prod. Hongrie/Allemagne, 2008) du réalisateur hongrois Kornél Mundroczó. Ce superbe film raconte l’histoire d’un jeune homme qui, après une longue absence, revient au village où vit sa mère. On comprend qu’il rencontre sa soeur pour la première fois. Désireux de s’isoler du village et de ses habitants, il s’installe dans une cabane et s’attelle à la construction d’une petite habitation en bois sur la rivière au bord de laquelle il vit. Sa sœur le rejoint et l’aide à la tâche. Une relation de confiance et de forte complicité s’installe entre eux, et bientôt, une grande intimité.
Lorsque les villageois comprennent que le frère et la sœur partage le même lit, ils jugent la situation inacceptable. C’est lors d’une fête qu’organise le jeune couple, que les villageois s’en prennent physiquement à eux, jusqu’à les tuer, dans une fin de film aux résonances dürrenmattiennes.
La photographie est somptueuse et l’on ne se lasse pas d’admirer ces images magnifiques qui se déploient très lentement. Tout est montré avec beaucoup de pudeur. L’inceste reste suggéré par des plans d’une grande beauté et lorsque le couple se rapproche, on n’en voit que l’ombre.

Il reste à souhaiter que ces films saisissants parviennent au grand public !

Laurence Gogniat, membre suisse du Jury FICC au Film Festival Cottbus 2008